Il a fallut 22 mois pour qu'enfin un + apparaisse. Un jour mémorable après 6 mois de traitement Clomid et 2 mois de piqures de stimulation. 1ère échographie chez le gygy, il m'annonce que j'attends des jumeaux. Un gros choc mais après tout, après tant d'attente, c'est un sacré cadeau. Un mois passe et de nouveau, écho chez mon gygy. Et là, la surprise totale, j'en suis restée béate : des triplés ! Et oui, me voilà enceinte de 3 bébés. Une grossesse à risques et très suivies.
Les ennuis commencent rapidement, mais rien de catastrophique : nausées, vomissements, vertiges, palpitations ... Les 3 loulous grandissent bien mais me prennent toute mon energie.
Les echographies mensuelles s'enchainent. Mais le drame arrive alors que je suis enceinte de 26sem. Echo de controle à l'hopital, et là, tout s'accélère, tout s'enchaine très vite, trop vite. Mon col s'est raccourci et par précaution, on m'hospitalise. C'est un lundi soir. Le mardi, je suis transférée à l'hopital de Bron, dans l'unité des grossesse pathologiques. Il faut que je tienne au moins jusqu'à 32sem pour bien faire. Les jours passent et les contractions ne s'arrêtent pas. Puis le jour fatidique arrive. Dans la nuit du jeudi 24 avril, les contractions empirent, rien à faire, l'accouchement sera programmé pour le lendemain.
Vendredi 25 avril, direction le bloc pour une césarienne. Les 3 bébés poussent leur premier cri dans la salle d'accouchement, tout va bien. Ils sont si petits, si fragiles. Ma puce est la plus petite, elle fait seulement 780g. Une véritable petite crevette. Tous les 3 sont transférés en unité de réanimation néonatale. Ils sont appareillés avec des sondes, des appareils respiratoires, c'est perturbant mais il faut le faire. Les jours suivant se passent très bien. Les nouvelles sont bonnes, ils grandissent bien. Nous pouvons les toucher et même les prendre quelques minutes dans nos bras. Ils sont tellement petits mais ça fait du bien de les sentir tout contre nous. ON leur change leurs couches et on passe les voir tous les jours.
Le 8 mai à 7h du matin, coup de téléphone de l'hopital. Savannah ne va pas très bien, il a fallu l'intuber dans la nuit. On se lève en sursaut, on s'habille vite fait et on prend la route en catastrophe pour Lyon. Il faut 1h de route. A 8h30, on approche de l'hopital mais nouveau coup de téléphone. L'état de Savannah empire. L'intubation ne suffit plus, il a fallu lui mettre un appareil qui créer entièrement sa respiration. Mais la pédiatre de garde nous demande de venir rapidement, c'est mauvais signe. Je m'effondre en larmes dans la voiture, mon homme n'en mène pas large. Nous arrivons à l'hopital et le verdict tombe. Si son état ne s'améliore pas dans l'après midi, ce sera la fin. Dans l'après midi, rien n'a changé. Nous comprenons le triste verdict et nous passons tout notre temps avec notre puce. Vers 16h, une autre mauvaise nouvelle, décidemment, la journée ne peut pas aller plus mal. Maël est intubé, il a le même problème que Savannah. Rien ne va plus, notre puce est condamnée et notre petit bébé prend le même chemin. Les heures passent et rien ne change. J'ai l'impression d'avoir louper toute la journée du 8 mai. J'étais présente mais en même temps, complètement déconnectée. Nous passons tout le temps possible avec notre puce, à lui dire tout ce qu'on voulait lui dire avant la fin. Mais comment dire tout ce qu'on ressent en si peu de temps. Maël va un peu mieux, son état se stabilise, on souffle un peu pour lui. Joshua quant à lui reste égal à lui même. Son état est stationnaire, il fait toujours pas mal de bradichardies.
Vers 20h, la pédiatre nous emmène dans un bureau avec l'infirmière qui s'occupera de Savannah dans la nuit. On nous explique le protocole d'accompagnement. La situation est atroce, mais nous sommes rassurés car notre puce ne souffrira pas. Nous l'accompagnons jusqu'à la fin. A 22h45, son petit coeur ne bat plus qu'à 20puls/min. C'est la fin, il ne reste plus que qq minutes. Nous demandons à ce qu'elle soit désappareillée et nous la gardons dans nos bras jusqu'à ce que son petit coeur s'arrête définitivement. L'infirmière l'habille et nous passons plusieurs heures avec elle dans une pièce à part. Nous passons la nuit sur place et le lendemain, nous rentrons à la maison.
Une semaine plus tard, nous enterrons notre petit ange dans notre village. Un moment atroce, horrible et qui ne devrait jamais arriver. Le début du travail de deuil commence. Nous nous soutenons, mon homme et moi, c'est primordial.
Les jours et les semaines passent. En juillet, Maël puis Joshua sortent de l'hopital pour notre plus grande joie. L'absence de notre ange se fait ressentir.
Maintenant ça fait 7 mois qu'elle est partie. La vie reprend son cours, et heureusement. Nous allons mieux qu'avant, bien entendu mais nous n'oublierons jamais. Certains jours, tout va bien puis on ne sait pas pourquoi, certains autres sont déprimants. Il va falloir du temps pour panser les plaies. Nous eprouvons moins le besoin de parler d'elle, mais elle fera toujours partie de la famille. Jade en parle de temps en temps, elle est triste de sa mort et nous ne pouvons malheureusement rien y faire.
Joshua et Maël grandissent bien. Quand ils seront plus grands, ils connaitront l'histoire de leur naissance et le départ de leur soeur.
Au début, j'avais une grande envie d'une nouvelle grossesse, mais maintenant, rien que d'y penser, ça me terrorise. Nous avons 3 enfants en bonne santé, alors je ne pense pas qu'on retentera l'expérience. En tout cas, pas avant longtemps.
Une grosse pensée à notre petit ange qui veille sur nous de là où elle est.
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Heureuse maman de Jade (5 ans), Maël, Joshua (15 mois) et d'un petit ange Savannah.